|
|
| Section     M�decine / Maladies digestives / Le cancer du colon  (Mise à jour le 2010-07-08) |
 |
• Document. (9009360009164370687680157558995) |
 |
|
| Le CANCER du COLON en question |
Par jean jacques PEROUA (Bordeaux)

1° - Le cancer du colon est-il fréquent ?
Le cancer du colon est le cancer le plus fréquent en FRANCE ou il représente 15 % de l`ensembles de cancers: on estime à 33.000 environ le nombre de nouveaux cas diagnostiqués chaque année et le taux de décès à 15.000 par an environ.
Il s`agit donc d`un problème majeur de santé publique.
2° - Comment se constitue un cancer du colon ?
L`immense majorité des cancers colo-rectaux proviennent d`une lésion bénigne appelée polype ou adénome: un certain nombre de ces lésions bénignes vont augmenter de volume puis dégénérer, c`est-à-dire se transformer en cancer. La durée moyenne de cette évolution est variable, autour de 10 ans.
3° - Qui peut être atteint de cancer du colon ?
Tout le monde. On peut schématiquement distinguer:
- les sujets à risques moyens: le cancer du colon est rare avant 50 ans (environ 6 % des cas). Le nombre des cas double ensuite tous les dix ans: I`âge moyen de découverte est de 70 ans. Les hommes sont un peu plus exposés que les femmes.
- les sujets à risques élevés: il s`agit:
a) des parents du premier degré sujets atteints d`un cancer colo-rectal: les sujets ayant un apparenté au premier degré (père, mère, frère, sœur...) ayant eu un cancer colo-rectal ont un risque multiplié environ par 2 d`être atteint par rapport à la population générale. Ce risque est multiplié par 5 lorsque deux apparentés ont été atteints. Le risque est d`autant plus élevé que le parent atteint l`a été plus jeune.
b) antécédents familiaux de polype colo-rectal: ce risque n`existe que pour les apparentés de sujets atteints de polype avant 60 ans.
c) sujets ayant des antécédents personnels de tumeur colo-rectale: les patients chez lesquels on a déjà enlevé un polype ont un risque d`environ 4 fois > d`être atteints de nouveaux polypes ou d`un cancer, surtout si les polypes sont multiples. Ils doivent donc faire l`objet d`une surveillance accrue.
d) les maladies inflammatoires de l`appareil digestif (recto-colite hémorragique, maladie de Crohn): ces patients ont un risque supplémentaire de développer un cancer colorectal: ce risque n`existe que pour les maladies évoluant depuis plus de 20 ans, d`autant plus qu`elles atteignent la totalité du gros intestin.
- sujets à risques très élevés: dans 2 à 5 % des cas, le cancer colique survient dans un contexte héréditaire évident, avec prédisposition génétique: dans ces cas là, il existe de multiples cas familiaux et l`âge de diagnostic se situe avant 50 ans.
Les progrès des études génétiques doivent permettre dans un proche avenir d`identifier dans la famille les sujets atteints, devant bénéficier d`une stratégie de dépistage adaptée.
4° - Peut-on prévenir le cancer du colon ?
Les données d`incidence sur le cancer colo-rectal à travers le monde font apparaître des différences considérables avec des rapports de 1 à 15, entre pays à bas risques comme les régions rurales, l`Afrique, la Chine et l`Inde et des régions à hauts risques représentées par les pays industrialisés d`Amérique et d`Europe du Nord, ce qui laisse supposer des facteurs d`ordre nutritionnel: les études épidémiologiques dans ce domaine montrent un rôle protecteur des légumes verts, alors qu`à l`inverse un apport calorique élevé, de vie sédentaire et un excès de poids sont des facteurs de risques. Le rôle favorisant des matières grasses animales, des viandes grasses, des hydrates de carbone raffinés et le rôle protecteur des fibres et du calcium doivent être encore confirmés.
Il est encore difficile de savoir si les conseils diététiques simples et bien acceptés destinés à l`ensemble de la population pourraient réduire la fréquence du cancer colo-rectal.
De même, dans la majorité des études, la consommation d`Aspirine et/ou d`anti-inflammatoires, est associée à une diminution du risque de polype et de cancer recto-colique: I` effet apparaît d`autant plus important que la consommation est ancienne et régulière. D`autres études sont nécessaires pour définir si l`utilisation d`Aspirine dans une stratégie de prévention de cancer colique portant sur une large population pourrait être utile.
5° - Le dépistage du cancer colique est-il possible et utile ?
Il est maintenant admis que le cancer colo-rectal remplit les conditions qui permet d`envisager son dépistage; on sait que cette action de santé publique n`a de chances de réussir que si elle est organisée, coordonnée, évaluée et contrôlée. Les essais européens récents ont montré l`efficacité théorique d`un dépistage tous les 2 ans pas un test hémoccult chez les personnes de 45 à 74 ans. Cependant, la faiblesse relative de la réduction de la mortalité (environ 10 %), les données économiques n`ont pas encore conduit les autorités sanitaires en France à mettre en place un programme national de dépistage.
Relu Avril 2009
|
|
|
 |
|
 |
| |